🇨🇻

Cap-Vert

Afrique insulaire

Capitale : Praia · Population : 600 000

77.1

2e / 54 pays

Edition 2025

Evolution du score

2025
2e77.1

Localisation

© OpenStreetMap

Points forts

  • Vitalité culturelle et fierté identitaire : score de 86,0 sur le pilier Vitalité culturelle, porté par un indicateur de fierté identitaire à 86 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), plaçant le Cap-Vert parmi les profils les plus élevés du continent sur cette dimension.
  • Sécurité & stabilité en nette progression : pilier à 82,0 (+4,0 points), appuyé sur une sécurité perçue de jour à 82 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024) et un accès aux services de base à 91 (confiance 85%, WDI 2023), traduisant un environnement institutionnel perçu comme fiable et protecteur.

Points faibles

  • Déficit de suffisance du revenu : l'indicateur de suffisance du revenu atteint seulement 52 (confiance 80%, WDI 2023), soit le score le plus bas du profil, révélant un écart de 30 points avec la sécurité perçue et une tension structurelle entre stabilité institutionnelle et capacité économique réelle des ménages.
  • Érosion du pilier Ubuntu : le pilier le plus lourdement pondéré de l'IJVA (40%) recule de -1,0 point à 73,0, avec un soutien communautaire mesuré à 73 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), signalant une fragilisation progressive des dynamiques de solidarité communautaire formalisée dans un contexte de mobilité diasporique structurelle.

Reseau diplomatique

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Scores par pilier

Sécurité & stabilité 82.0

Poids : 20%

Bien-être matériel 71.7

Poids : 20%

Ubuntu 73.0

Poids : 40%

Vitalité culturelle 86.0

Poids : 20%

Profil

Lecture globale : un profil d'Épanouissement à architecture asymétrique

Le Cap-Vert s'installe en 2025 à la 2e position de l'IJVA sur 54 pays évalués, avec un score de 77,14/100 en catégorie Épanouissement. Cette performance globale repose sur une configuration déséquilibrée : deux piliers atteignent des niveaux d'excellence (Vitalité culturelle à 86,0 ; Sécurité & stabilité à 82,0), tandis que les deux autres opèrent à des niveaux sensiblement inférieurs (Ubuntu à 73,0 ; Bien-être matériel à 71,7). Le delta positif global (+0,54) masque des dynamiques internes divergentes, avec deux piliers en progression et deux en léger recul. Ce profil asymétrique est analytiquement cohérent pour un petit État insulaire à économie de services, où les ressources symboliques et institutionnelles précèdent les ressources matérielles.

Pilier dominant : une vitalité culturelle comme socle identitaire

Le pilier Vitalité culturelle atteint 86,0, soit le score sectoriel le plus élevé du profil cap-verdien, en progression de +1,0 point. L'indicateur de fierté identitaire, mesuré à 86 avec un niveau de confiance de 90% (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), en constitue le moteur principal. Ce résultat traduit une relation dense et active de la population à son héritage culturel — musique, diaspora, créolité — convertie en ressource psychologique collective mesurable. La vitalité culturelle n'opère pas ici comme un simple marqueur symbolique : elle fonctionne comme un mécanisme de résilience perçue, capable de compenser partiellement les déficits matériels. Ce pilier, pondéré à 20%, contribue de manière décisive à maintenir le score global dans la zone haute de la catégorie Épanouissement.

Point de tension principal : l'écart entre sécurité perçue et bien-être matériel

La tension la plus structurante du profil cap-verdien réside dans l'écart de 10,3 points entre la sécurité perçue de jour (82, confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024) et la suffisance du revenu (52, confiance 80%, WDI 2023). Ce différentiel illustre une dissociation analytiquement significative : les populations perçoivent leur environnement comme sûr et stable, mais déclarent des revenus insuffisants pour couvrir leurs besoins. Cette configuration — sécurité sans aisance — est caractéristique des économies insulaires fortement dépendantes du tourisme et des transferts de la diaspora, où la stabilité institutionnelle ne se traduit pas mécaniquement en capacité économique des ménages. L'indicateur de suffisance du revenu à 52 constitue le point de rupture le plus net du profil.

Faiblesse structurelle : un pilier Ubuntu sous pression

Le pilier Ubuntu, pondéré à 40% dans le calcul de l'IJVA, affiche un score de 73,0 en recul de -1,0 point. L'indicateur de soutien communautaire, mesuré à 73 (confiance 90%, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), reflète un niveau de solidarité intercommunautaire perçue qui, bien que positif en valeur absolue, marque une érosion par rapport à l'édition précédente. Dans un contexte d'émigration structurelle et de recomposition des réseaux familiaux entre archipel et diaspora, cette légère contraction des liens de solidarité communautaire formalisée mérite d'être suivie. Elle constitue un déficit potentiel dans le pilier le plus lourdement pondéré de l'indice, et représente le principal risque de décrochage pour les éditions futures.

Perspective : un positionnement de rang 2 à consolider

Le Cap-Vert présente un profil de joie de vivre perçue remarquablement solide pour un État de sa taille et de sa configuration économique. La progression globale de +0,54 confirme une trajectoire positive, mais la convergence des légères baisses sur Ubuntu et Bien-être matériel signale une tension structurelle à surveiller. La consolidation du rang 2 continental dépendra de la capacité du pays à réduire l'écart entre sécurité institutionnelle perçue et suffisance économique vécue, tout en préservant la densité des liens communautaires dans un contexte de mobilité diasporique intense.

Detail des indicateurs

IndicateurValeur bruteScore
Acces aux services de base91.391.3
Fierte identitaire86.086.0
Securite percue de jour82.082.0
Soutien communautaire73.073.0
Suffisance du revenu52.052.0

IJVA Capitales

Capitale-locomotiveIJVA Capitales

Praia : la capitale qui tient la cadence sans perdre le fil

Deuxième capitale africaine au classement IJVA édition 2, Praia affiche un score de 77,14 — porté par une fierté identitaire à 86 et une stabilité institutionnelle rare sur le continent. Mais derrière les chiffres solides, un écart de 39 points entre l'accès aux services et la suffisance du revenu révèle une tension que ni le soleil atlantique ni la saudade ne suffisent à effacer.

Une capitale qui a choisi de construire plutôt que de subir

Praia n'est pas une grande ville. Avec ses quelque 160 000 habitants serrés sur les hauteurs de l'île de Santiago, elle ressemble davantage à une ville méditerranéenne qu'à une mégapole continentale. Mais la taille n'est pas une limite ici — c'est presque un atout. Ce qui se construit à Praia, ce n'est pas une skyline, c'est une cohérence.

Avec un score IJVA global de 77,14 en édition 2 — en progression de 0,54 point — la capitale cap-verdienne se positionne au deuxième rang des capitales africaines analysées par l'indice. Ce n'est pas un accident statistique. C'est le résultat d'un pays qui a fait des choix institutionnels durables et d'une ville qui en porte les fruits de manière concentrée.

Sécurité & stabilité : la forteresse douce

Le pilier Sécurité & stabilité atteint 82,0 points, en hausse de 4 points sur l'édition précédente — la progression la plus marquée du profil. Ce chiffre s'ancre dans une réalité documentée : le Cap-Vert obtient un score de 92/100 à Freedom in the World 2025 (Freedom House), statut « Free », stable par rapport à l'édition 2024. Sur l'indice de perception de la corruption de Transparency International, le pays score 62/100, se classant 35e sur 180 pays — 2e meilleur score d'Afrique subsaharienne, derrière les Seychelles. Côté presse, Reporters Sans Frontières place le Cap-Vert 30e mondial sur 180 pays, avec un score de 75/100, catégorie « satisfaisante ».

Ces trois indicateurs forment une architecture institutionnelle cohérente : un État qui ne musèle pas sa presse, qui lutte effectivement contre la corruption, et dont les citoyens perçoivent leur environnement quotidien comme sûr. La sécurité perçue de jour mesurée par l'Afrobaromètre (Round 9, 2022-2023) confirme ce sentiment à 82/100.

La nuance vient de Numbeo : l'indice de sécurité de Praia-ville s'établit à 48,02/100 (Crime Index : 51,98) en janvier 2026, avec un nombre de contributeurs limité. Ce chiffre — à prendre avec la réserve méthodologique qu'il mérite — pointe vers une réalité que les expatriés confirment sur le terrain :

« Il y a plus de criminalité sérieuse à Praia qu'à Sal, à cause des drogues. Je recommande une visite avant de s'y installer définitivement. » — Expat, forum expat.com

Praia n'est pas une ville aseptisée. La stabilité institutionnelle coexiste avec des poches de tension urbaine. Ce que l'indice IJVA capte dans son pilier Sécurité, c'est précisément cette couche institutionnelle — la capacité de l'État à garantir un cadre — plutôt que l'absence totale d'incidents de rue.

Vitalité culturelle : le score qui dit tout sans presque rien montrer

Le pilier Vitalité culturelle atteint 86,0 points — le plus élevé du profil, en progression d'un point. L'indicateur de fierté identitaire se fixe également à 86/100 (Afrobaromètre Round 9, confiance 90%). Ce chiffre place Praia parmi les profils les plus élevés du continent sur cette dimension.

Comprendre ce score, c'est comprendre ce qu'est le Cap-Vert : un archipel qui a fait de sa diaspora non pas une perte, mais une extension de lui-même. La moruá, la saudade cap-verdienne, n'est pas un sentiment de manque — c'est une identité active. Être cap-verdien, c'est savoir que la moitié de sa famille est à Lisbonne, Rotterdam ou Providence, et que ça ne retranche rien à qui on est. Ça construit, au contraire.

À Praia, cette fierté identitaire se lit dans les playlists qui mêlent Cesária Évora et le funaná électrique des nouveaux DJ de Santiago, dans les murs du Plateau où l'histoire coloniale est assumée sans être idolâtrée, dans la langue — le créole cap-verdien, le kriolu — que les jeunes n'ont jamais envisagé d'abandonner.

Bien-être matériel : l'écart qui ne ferme pas

C'est ici que le profil de Praia révèle sa tension la plus structurelle. Le pilier Bien-être matériel affiche 71,7 points, en légère baisse de 0,3 point. La moyenne cache une polarité saisissante : l'accès aux services de base atteint 91,35/100 (WDI 2023, confiance 85%), tandis que la suffisance du revenu plafonne à 52,05/100 (WDI 2023, confiance 80%).

Trente-neuf points d'écart. C'est l'histoire d'une ville où l'eau courante est disponible, l'école accessible, l'hôpital fonctionnel — mais où les revenus ne suivent pas le niveau de vie. Le budget d'un nomade numérique étranger à Praia oscille entre 1 200 et 1 800 dollars par mois selon les sources terrain. Pour un ménage local, cette somme représente plusieurs fois le revenu moyen.

Praia est une ville où l'infrastructure est réelle mais le pouvoir d'achat reste contraint. Ce n'est pas une ville cassée — c'est une ville sous pression économique silencieuse, celle que les indicateurs de gouvernance ne captent jamais directement.

Ubuntu : la solidarité à l'épreuve de la distance

Le pilier Ubuntu — le plus lourdement pondéré de l'IJVA à 40% — recule de -1,0 point pour s'établir à 73,0. L'indicateur de soutien communautaire mesuré par l'Afrobaromètre (Round 9) se fixe à 73/100.

Ce recul, même modeste, mérite attention. La société cap-verdienne est structurellement diasporique : une part significative de la population active vit à l'étranger. Les transferts financiers arrivent, mais les réseaux de solidarité de proximité se transforment. Quand le voisin est à Rotterdam, qui garde les enfants ? Qui accompagne la grand-mère chez le médecin ?

Ce n'est pas une crise — le score de 73 reste solide. C'est un signal faible qui demande à être suivi. La solidarité communautaire formelle résiste, mais la mobilité diasporique la reconfigure en profondeur.