🇸🇩

Soudan

Afrique du Nord

Capitale : Khartoum · Population : 46 900 000

53.3

51e / 54 pays

Edition 2025

Evolution du score

2025
51e53.3

Localisation

© OpenStreetMap

Points forts

  • Fierté identitaire élevée : score de 71/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), reflétant un ancrage identitaire fort qui soutient la cohésion sociale perçue malgré le contexte de crise.
  • Solidarité communautaire formalisée : score de 60/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), en progression de +2 points, traduisant une capacité de mobilisation collective qui constitue le principal levier de résilience du profil soudanais.

Points faibles

  • Effondrement de la sécurité perçue de jour : score de 22/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), sans progression par rapport à l'édition précédente, constituant le point de rupture central du profil et l'un des scores les plus bas de l'ensemble de l'indice.
  • Recul de la vitalité culturelle : le pilier Vitalité culturelle enregistre une baisse de -4 points par rapport à l'édition précédente (score 71/100, Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024), signalant une érosion progressive de l'un des rares piliers porteurs du profil soudanais.

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Scores par pilier

Sécurité & stabilité 22.0

Poids : 20%

Bien-être matériel Source 202432.0

Poids : 20%

Derniere verification : 2026-03-25 — Prochaine : 2026-06-25

Ubuntu 60.0

Poids : 40%

Vitalité culturelle 71.0

Poids : 20%

Profil

Lecture globale : un profil en tension extrême

Avec 53,25 points sur 100, le Soudan se situe en catégorie Modéré mais occupe le 51e rang sur 54 pays, soit l'une des dernières positions de l'indice. Ce score global dissimule une architecture interne profondément déséquilibrée : deux piliers affichent des niveaux relativement solides, tandis que le pilier Sécurité & stabilité enregistre un score de 22/100, l'un des plus bas de l'ensemble du classement. La progression nette de +4,25 points par rapport à l'édition précédente constitue un signal positif, mais elle reste insuffisante pour modifier substantiellement la position du pays dans l'indice. Le vécu perçu par les populations soudanaises est celui d'une société qui maintient des ressources sociales et culturelles intactes dans un environnement de menace physique persistante.

Pilier dominant : la solidarité communautaire et la fierté identitaire comme socles de résilience

Le pilier Ubuntu (40% de la pondération) atteint 60/100, en progression de +2 points, et constitue le principal levier de score du pays. L'indicateur de soutien communautaire, mesuré à 60/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024, confiance 90%), traduit une capacité de mobilisation collective qui résiste aux chocs institutionnels. Parallèlement, la fierté identitaire atteint 71/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024, confiance 90%), le score le plus élevé du profil soudanais. Ces deux dimensions — solidarité communautaire formalisée et ancrage identitaire fort — forment un socle de cohésion sociale qui explique en partie la progression globale de l'indice malgré la dégradation sécuritaire. Elles signalent que les populations perçoivent leurs liens collectifs et leur appartenance culturelle comme des ressources actives, non comme des héritages passifs.

Point de tension principal : l'effondrement de la sécurité perçue

Le pilier Sécurité & stabilité enregistre 22/100, sans variation par rapport à l'édition précédente (delta 0,0). L'indicateur de sécurité perçue de jour, mesuré à 22/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, publication 2024, confiance 90%), constitue le point de rupture central du profil soudanais. Ce niveau indique que la très grande majorité des répondants ne se sentent pas en sécurité dans leur environnement quotidien, même en plein jour. L'absence de progression sur ce pilier, alors que d'autres dimensions progressent, révèle une tension structurelle majeure : les ressources sociales et culturelles se maintiennent, voire se renforcent, mais elles ne compensent pas l'exposition directe à l'insécurité physique. La joie de vivre perçue reste ainsi contrainte par un environnement de menace qui pèse sur l'ensemble du vécu quotidien.

Faiblesse structurelle : le recul de la vitalité culturelle

Le pilier Vitalité culturelle, bien qu'affichant le score le plus élevé du profil (71/100), enregistre un recul de -4 points par rapport à l'édition précédente. Ce recul constitue un signal d'alerte : la fierté identitaire reste forte en valeur absolue, mais elle s'érode. Dans un contexte de conflit prolongé, cette érosion peut refléter une pression croissante sur les espaces d'expression culturelle et sur les pratiques collectives qui alimentent le sentiment d'appartenance. Si cette tendance se confirme dans les prochaines éditions, elle pourrait fragiliser l'un des rares piliers porteurs du profil soudanais et accentuer l'écart entre les ressources sociales disponibles et leur capacité à soutenir le bien-être perçu.

Perspective : une résilience sociale sous pression

La progression de +4,25 points au niveau global, tirée par le pilier Ubuntu, indique que les mécanismes de solidarité communautaire formalisée résistent à la dégradation du contexte sécuritaire. Cette résilience est analytiquement significative : elle suggère que les populations maintiennent des formes d'organisation collective qui préservent partiellement leur vécu positif. Toutefois, la stagnation du pilier sécuritaire à 22/100 et le recul de la vitalité culturelle définissent les deux conditions nécessaires à toute amélioration durable du score IJVA. Sans réduction du déficit sécuritaire perçu, les gains enregistrés sur les autres piliers resteront structurellement plafonnés.

Detail des indicateurs

IndicateurValeur bruteScore
Securite percue de jour22.022.0
Soutien communautaire60.060.0
Fierte identitaire71.071.0

IJVA Capitales

Capitale-miroirIJVA Capitales

Khartoum : debout dans les décombres

Score IJVA de 53,25/100, rang 51. Khartoum sort de deux ans d'occupation et de destructions massives avec une sécurité perçue de jour à 22/100 — l'un des scores les plus bas de tout l'indice. Ce qui tient la ville, c'est une fierté identitaire à 71/100 et une solidarité communautaire à 60/100, deux piliers qui progressent là où tout le reste recule.

Une capitale qui porte les cicatrices d'une guerre récente

En mai 2025, une Soudanaise qui avait fui Khartoum deux ans plus tôt y retournait pour la première fois. Son témoignage, publié par The New Humanitarian, résume en une phrase ce que les chiffres peinent à saisir : « Khartoum a été libérée des RSF, mais ce que les paramilitaires ont fait ici dépasse les mots : destruction, peur, traumatisme qui mettra des années à guérir. » Ce n'est pas une métaphore. C'est un constat d'inventaire.

Depuis le déclenchement du conflit entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide en avril 2023, Khartoum a été le théâtre d'affrontements urbains prolongés, de pillages, de destructions d'infrastructures civiles et de déplacements massifs. En octobre 2025, le Directeur général adjoint de l'OIM décrivait encore « une ville marquée par les conflits, où les habitations sont endommagées et les services de base à peine fonctionnels ». Le retour progressif des habitants dans certains quartiers ne signifie pas un retour à la normale — il signifie que des gens rentrent chez eux parce qu'ils n'ont plus le choix, ou parce que l'attachement à la ville est plus fort que la prudence.

Sécurité & stabilité : le plancher de l'indice

Le pilier Sécurité & stabilité de Khartoum affiche un score de 22/100, sans progression par rapport à l'édition précédente. C'est l'un des scores les plus bas enregistrés sur l'ensemble de l'IJVA Capitales. Ce chiffre n'est pas une anomalie statistique : il est confirmé par chaque source externe disponible.

Freedom House classe le Soudan à 1/100 dans son édition 2026 Freedom in the World — couvrant la période janvier-décembre 2025 —, parmi les pires scores mondiaux en matière de droits politiques et de libertés civiles. Transparency International place le pays au rang 175 sur 182 dans son Indice de Perception de la Corruption 2024, avec un score de 14/100. Reporters Sans Frontières classe le Soudan 156e sur 180 dans son Index 2025 de la liberté de la presse, dans la catégorie « Très grave ».

Ces trois indicateurs convergent vers la même réalité : Khartoum n'est pas seulement une ville où l'on perçoit peu de sécurité. C'est une capitale où les structures qui garantissent ordinairement la vie civile — institutions, presse, transparence — sont soit absentes, soit neutralisées.

« De grandes zones du Soudan, dont la majeure partie de Khartoum, sont dangereuses en raison du conflit militaire en cours, des pénuries alimentaires et des déplacements de population. » — ExpatArrivals

Bien-être matériel : une donnée qui dit ce qu'elle peut

Le pilier Bien-être matériel affiche un score de 32/100, marqué d'un indicateur de substitution (fallback) dans nos données — ce qui signifie que les données directes sur le terrain sont insuffisantes pour une mesure pleine. C'est lui-même un signal : quand on ne peut pas mesurer, c'est souvent parce que les conditions d'enquête ne le permettent pas.

Ce que l'on sait, via les témoignages collectés : l'inflation a fait fluctuer violemment le coût de la vie à Khartoum. Les logements locatifs sont rares, beaucoup de maisons vacantes ou endommagées. Les établissements qui assuraient une partie de la vie économique urbaine — commerces, restaurants, structures d'accueil — ont fermé ou réduit drastiquement leur activité. Ce n'est pas une crise conjoncturelle : c'est une économie urbaine qui doit se reconstruire pièce par pièce, dans un contexte où les services de base fonctionnent à minima.

Ubuntu : la solidarité comme infrastructure de survie

Le score Ubuntu de Khartoum est de 60/100, en progression de +2 points. C'est le seul pilier en hausse dans ce profil. Ce n'est pas anodin.

Dans les contextes de crise prolongée, les réseaux de solidarité informels — familles élargies, quartiers, associations communautaires, réseaux de diaspora — deviennent souvent la seule structure de redistribution qui continue de fonctionner quand les institutions défaillent. À Khartoum, cette progression de +2 points sur le soutien communautaire perçu, mesurée par l'Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), traduit une réalité documentée : face à l'effondrement des services publics, les habitants se sont organisés, ont partagé les ressources disponibles, ont maintenu des liens là où la géographie du conflit les avait fragmentés.

Ce score ne romantise pas la situation. Il indique simplement que la solidarité communautaire soudanaise est un fait social réel, mesurable, et qu'elle constitue aujourd'hui le principal levier de résilience urbaine à Khartoum.

Vitalité culturelle : un pilier porteur qui s'effrite

Avec 71/100, la Vitalité culturelle reste le point le plus haut du profil soudanais. La fierté identitaire des habitants de Khartoum — leur attachement à une histoire longue, à une identité culturelle forte au carrefour de l'Afrique subsaharienne et du monde arabe — est un fait que le conflit n'a pas effacé. Il a peut-être même renforcé ce sentiment d'appartenance chez ceux qui ont quitté la ville puis y sont revenus.

Mais ce pilier recule de -4 points par rapport à l'édition précédente. C'est le signe d'une érosion progressive. La pression sur les libertés culturelles est documentée : interdictions, restrictions, recul des espaces de vie sociale. Quand les lieux de culture ferment, quand la presse est muselée (rang 156/180 selon RSF), quand la vie nocturne et les espaces publics de sociabilité se contractent, la vitalité culturelle ne disparaît pas — elle se replie. Elle survit dans les intérieurs, dans les fêtes familiales, dans la mémoire. Mais elle perd en visibilité et en espace d'expression collective.

La trajectoire à -4 points est un avertissement : si les conditions ne s'améliorent pas, ce pilier — aujourd'hui le seul vraiment élevé du profil — pourrait à son tour s'éroder jusqu'au seuil critique.

Ce que dit le score global

53,25/100 au rang 51. Un score dans la catégorie « modérée » de l'IJVA, qui peut sembler surprenant au regard du contexte. Il reflète en réalité une vérité composite : Khartoum n'est pas réductible à ses destructions. Une fierté identitaire de 71/100 et une solidarité communautaire de 60/100 sont des scores substantiels, qui témoignent de dynamiques sociales vivantes. Mais un score de sécurité perçue de 22/100, sans la moindre progression, pèse sur l'ensemble du profil et empêche toute ascension réelle dans l'indice.

Le delta global de +4,25 points par rapport à l'édition précédente indique une légère amélioration de l'indice composite. C'est une évolution à lire avec prudence : elle est portée par des piliers sociaux, pas par une amélioration sécuritaire. La ville avance — légèrement, inégalement — sur les dimensions où elle peut encore avancer.