🇹🇳

Tunisie

Afrique du Nord

Capitale : Tunis · Population : 12 400 000

63.3

26e / 54 pays

Edition 2025

Evolution du score

2025
26e63.3

Localisation

© OpenStreetMap

Points forts

  • Fierté identitaire élevée : score de 81/100 sur l'indicateur identity_pride, pilier Vitalité culturelle à 81/100 (Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), confiance 90%), reflétant un ancrage identitaire solide qui soutient le vécu subjectif des populations.
  • Sécurité perçue de jour en progression : score de 76/100 sur l'indicateur perceived_safety_day, pilier Sécurité & stabilité à 76/100 avec un gain de +3 points (Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), confiance 90%), indiquant une amélioration du sentiment de protection physique au quotidien.

Points faibles

  • Déficit structurel de solidarité communautaire : score de 48/100 sur l'indicateur community_support, pilier Ubuntu à 48/100 sans progression (delta 0,0) (Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), confiance 90%) ; ce résultat, sur le pilier le plus pondéré de l'indice (40%), constitue le principal frein au score global.
  • Recul global significatif et érosion de la vitalité culturelle : delta de -4,95 points sur le score global et recul de -3 points sur le pilier Vitalité culturelle, signalant une dégradation de la joie de vivre perçue sur deux dimensions clés de l'édition 2025.

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Scores par pilier

Sécurité & stabilité 76.0

Poids : 20%

Bien-être matériel Source 202488.0

Poids : 20%

Derniere verification : 2026-03-25 — Prochaine : 2026-06-25

Ubuntu 48.0

Poids : 40%

Vitalité culturelle 81.0

Poids : 20%

Profil

Lecture globale : un profil Bon sous pression

Avec 63,25 points sur 100, la Tunisie se situe dans la catégorie Bon de l'IJVA 2025, au 26e rang sur 54 pays africains évalués. Ce positionnement médian-supérieur masque une dynamique préoccupante : le recul de 4,95 points par rapport à l'édition précédente constitue l'un des deltas négatifs les plus significatifs parmi les pays de cette catégorie. La structure du score révèle une architecture déséquilibrée — deux piliers performants, un pilier dominant en déficit sévère — qui fragilise la cohérence d'ensemble du profil de joie de vivre perçue.

Pilier dominant : la vitalité culturelle comme socle identitaire

La vitalité culturelle atteint 81/100, constituant le point d'appui le plus solide du profil tunisien. Ce score, mesuré via la fierté identitaire (81/100, Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), confiance 90%), traduit un attachement affirmé à l'identité collective, qu'elle soit nationale, régionale ou civilisationnelle. Cette dimension culturelle agit comme un stabilisateur du vécu subjectif, indépendamment des conditions matérielles. Elle constitue une ressource de résilience perceptuelle que les populations mobilisent face aux tensions du quotidien. Toutefois, le recul de 3 points sur ce pilier par rapport à l'édition précédente mérite attention : il signale une légère érosion de cet ancrage, dont la trajectoire devra être surveillée.

Point de tension principal : la sécurité perçue, force réelle mais isolée

La sécurité et la stabilité affichent un score de 76/100 (+3 points), porté par une sécurité perçue de jour à 76/100 (Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), confiance 90%). Ce résultat positionne la Tunisie parmi les pays où le sentiment de protection physique quotidienne est relativement élevé. Ce gain de 3 points constitue la seule progression enregistrée dans l'édition 2025. Il ne suffit cependant pas à compenser la chute globale du score, ce qui révèle une tension structurelle : la sécurité perçue, bien que réelle dans le vécu quotidien, ne se traduit pas en bien-être global lorsque les liens communautaires sont défaillants. La sécurité sans solidarité produit un vécu protégé mais non épanoui.

Faiblesse structurelle : l'Ubuntu, point de rupture du profil

Le pilier Ubuntu, qui représente 40% du score global — soit le poids le plus élevé de l'indice —, s'établit à 48/100, sans variation par rapport à l'édition précédente (delta 0,0). Ce score, mesuré via le soutien communautaire perçu (48/100, Afrobarometer Round 9 (2022-2023, publication 2024), confiance 90%), constitue le point de rupture du profil tunisien. Un score inférieur à 50 sur le pilier le plus pondéré de l'IJVA génère mécaniquement un plafonnement du score global, quelle que soit la performance des autres dimensions. Ce déficit de solidarité communautaire perçue — entendu comme la capacité des individus à compter sur leur entourage et leurs réseaux de proximité — signale une fragilisation du tissu social dans le vécu quotidien des populations.

Perspective : une trajectoire à stabiliser

La Tunisie dispose de leviers réels — fierté identitaire forte, sécurité quotidienne perçue en progression — mais sa trajectoire 2025 est orientée à la baisse. La stabilisation du score global passera nécessairement par une amélioration du pilier Ubuntu, seul à même de produire un effet de levier significatif compte tenu de sa pondération. La stagnation de ce pilier sur deux éditions consécutives constitue un signal d'alerte analytique. Sans inflexion sur la dimension communautaire, le profil tunisien risque de glisser vers la catégorie inférieure à moyen terme.

Detail des indicateurs

IndicateurValeur bruteScore
Securite percue de jour76.076.0
Soutien communautaire48.048.0
Fierte identitaire81.081.0

IJVA Capitales

Capitale-miroirIJVA Capitales

Tunis : la ville qui tient debout, mais regarde ses libertés s'effriter

Tunis score 63,25/100 à l'édition 2025 de l'IJVA, en recul de 4,95 points. La capitale tunisienne affiche une fierté identitaire robuste (81/100) et un sentiment de sécurité en progression (76/100), mais son pilier Ubuntu plafonne à 48/100 et l'espace civique se contracte visiblement. Une ville qui résiste sans s'emballer.

Le chiffre qui résume tout

63,25 sur 100. C'est le score que l'IJVA attribue à Tunis en 2025. Un score dans la catégorie « good » — le mot sonne presque ironique quand on lit ce qui le compose. Car ce 63 est le résultat d'une addition inégale : des forces réelles sur deux piliers, une faiblesse structurelle sur le troisième, et un recul de 4,95 points sur l'ensemble. Tunis tient, mais quelque chose s'use.

Ce que les Tunisois disent ressentir

La sécurité perçue de jour atteint 76/100 dans l'édition 2025 de l'IJVA — un gain de 3 points par rapport à l'édition précédente. Ce n'est pas rien. Dans une capitale qui a traversé des années de tension sécuritaire, ce sentiment de protection quotidienne est une donnée subjective précieuse. Numbeo confirme une tonalité comparable : l'indice de sécurité de la ville de Tunis s'établit à 51,47/100, catégorie « Moderate » (Numbeo, 2025).

Sur le terrain, les perceptions sont nuancées. « Decent place with hella cheap prices — just avoid scammers and you're good to go », résume un visiteur sur Numbeo. La prudence reste de mise, mais l'atmosphère quotidienne n'est pas celle d'une ville sous tension permanente. Un expatrié note que Tunis « reste une destination prisée comparée aux autres pays d'Afrique du Nord ». Ces voix ne remplacent pas les données, mais elles les incarnent.

La fierté comme ancre

Le pilier Vitalité culturelle atteint 81/100 — porté en totalité par un indicateur de fierté identitaire à 81/100 (Afrobarometer Round 9, 2022-2023, confiance 90%). C'est l'un des scores les plus solides de la capitale sur l'ensemble du profil IJVA. Les Tunisois se reconnaissent dans leur culture, leur histoire, leur identité méditerranéenne et africaine à la fois.

« Many expats who arrive in Tunis quickly become accustomed to a sunnier pace of life », écrit un expatrié dès 2024. Ce rythme, ce rapport au temps et à l'espace urbain, participe de quelque chose que les enquêtes quantifiées peinent à saisir complètement : un attachement au lieu, une façon d'habiter la ville qui dépasse le simple confort matériel. Pourtant, ce pilier recule de 3 points par rapport à l'édition précédente. La fierté tient, mais elle résiste plutôt qu'elle ne progresse.

Le bien-être matériel : accessible, mais fragile

Le pilier Bien-être matériel affiche 88/100 — le score le plus élevé du profil tunisois, même si cette donnée est en mode fallback dans l'édition actuelle. Les sources externes donnent des couleurs à ce chiffre. L'indice qualité de vie de Numbeo pour Tunis atteint 109,47 (Numbeo, 2025), porté notamment par un Climate Index très élevé (93,24) et un coût de la vie accessible. « A meal out costs me between 15 and 40 dinars — very affordable daily life », confirme un expatrié en janvier 2025.

Mais la nuance est là : le Purchasing Power Index calculé par Numbeo pour Tunis est très bas, à 37,48. Le coût de la vie est accessible, mais les revenus disponibles pour y faire face restent contraints. L'accessibilité des prix n'est pas synonyme d'aisance. Pour les Tunisois qui vivent et travaillent dans la capitale, l'équation quotidienne est plus serrée qu'il n'y paraît depuis l'extérieur.

Ubuntu à 48 : la fissure du lien

C'est ici que le bât blesse. Le pilier Ubuntu — soutien communautaire, solidarité, confiance dans les réseaux de proximité — plafonne à 48/100. Sans progression (delta 0,0). Or Ubuntu est le pilier le plus pondéré de l'IJVA, avec 40% du score global. Ce plafond à 48 est mécaniquement le principal frein du score tunisois.

L'indicateur soutien communautaire s'établit à 48/100 (Afrobarometer Round 9). Ce chiffre dit quelque chose d'important sur la texture sociale de la ville : les Tunisois se sentent moins entourés, moins soutenus par leurs réseaux de proximité qu'on pourrait l'attendre dans une culture méditerranéenne réputée chaleureuse. Les témoignages d'expatriés mentionnent l'ouverture à l'autre (« Tunisians are tolerant of other cultures and open to forming strong business relationships and friendships with foreigners »), mais cette ouverture vers l'extérieur ne se traduit pas nécessairement en solidarité interne forte.

Les ressorts de ce déficit sont probablement multiples : pression économique, fragmentation sociale dans une capitale qui concentre les inégalités, et peut-être aussi un climat politique qui, depuis 2021, a progressivement restreint les espaces d'expression collective.

L'espace civique : ce que les chiffres politiques disent de la ville

Freedom House classe la Tunisie « Not Free » en 2025, avec un score de 44/100 — en recul de 7 points par rapport à 2024, l'une des plus fortes baisses enregistrées dans le monde cette année-là (Freedom House, 2025). RSF place le pays au 129e rang mondial sur 180 pour la liberté de presse, avec un score de 43,48/100 en « situation difficile » — un recul de 11 places en un an (RSF, 2025). Transparency International donne un score de 39/100 pour la perception de la corruption, au 91e rang mondial sur 182 pays (CPI 2024, publié février 2025).

Ces trois indicateurs ne mesurent pas directement la joie de vivre. Mais ils dessinent le cadre dans lequel elle se construit — ou s'érode. Quand les journalistes sont poursuivis, quand les contre-pouvoirs s'affaiblissent, quand la corruption reste structurellement élevée, c'est la confiance dans l'institution qui recule. Et la confiance dans l'institution est l'une des matrices du lien social. Le 48/100 sur Ubuntu n'est pas déconnecté de ce contexte.

Un recul de 4,95 points : qu'est-ce qui s'est passé ?

Entre les deux éditions, Tunis perd 4,95 points au score global. La Vitalité culturelle recule de 3 points. La Sécurité & stabilité progresse de 3 points — ce qui signifie que sans cette amélioration, le recul aurait été encore plus marqué. Ubuntu stagne. Bien-être matériel stagne.

Ce delta de -4,95 n'est pas une catastrophe statistique, mais c'est un signal. Il dit que la trajectoire n'est pas ascendante. Il dit que la fierté identitaire, aussi solide soit-elle, ne suffit pas à compenser la contraction du lien communautaire et l'effritement des libertés civiles. Tunis ne s'effondre pas — elle glisse doucement vers une forme d'équilibre bas.